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Proposition d'encadrement pour la jeunesse

Dimanche 30 avril 2006

PROJET POUR UNE MEILLEURE INTÉGRATION DES JEUNES DES BANLIEUES



Table des Matières




- Un triste constat pour les jeunes des banlieues.
- Triste constat également pour les parents de ces
jeunes en difficultés.

- Ce que proposent les milieux politiques toutes
tendances confondues.

- Quel avenir pour le travail ?
- Trois catégories de jeunes dont il faut tenir compte.

- Une commission d’orientation pour les jeunes de seize ans.

- Concernant les jeunes bien intégrés dans la société.
- Concernant les jeunes en échec scolaire.
- Ce que proposerait la commission d’orientation.
1) A ceux qui ont un projet professionnel.

2) A ceux qui ne veulent plus aller à l’école
et n’ont pas de projet professionnel.

a) L’Université des sports.
b) L’Université des arts et loisirs.
c) Le service civil.
d) L’engagement dans l’armée.

3) Le cas particulier des irréductibles meneurs.

- Conclusion.




Un triste constat pour les jeunes des banlieues 

La plupart des jeunes des banlieues sont désespérés. Ils vivent dans des conditions déplorables, leur environnement humain (parents et camarades) est dépassé par les événements, et l’encadrement scolaire fait de son mieux avec des moyens de plus en plus limités. Dans la presque totalité des cas, les jeunes des banlieues n’ont aucune perspective autre que l’échec et la rue. L’école du banditisme n’est pas loin, et la prison suivra.

La fracture sociale est de plus en plus importante, et le dialogue qui leur est proposé ne les intéresse pas, parce que trop de promesses n’ont jamais été tenues. Dans leur grande majorité les hommes et les femmes politiques de ce pays emploient un langage qu’ils comprennent entre eux, mais ils ne savent plus ou ne souhaitent pas se mettre à la place des jeunes pour mieux faire passer leur message. Ils vivent dans une bulle, protégés de tout, et ne savent rien des attentes des adolescents de ce pays ni de ce qu’ils vivent.

La dégradation des locaux dans lesquels ils résident n’est pas la cause de leur désespoir, mais la conséquence de leur mal-être. Elle est, avec la violence, le seul moyen à leur disposition pour se faire entendre de tous ceux qui les entourent, pouvoirs publics en tête ! Ce sont des appels au secours que, malheureusement pour tout le monde, les hommes et femmes politiques de notre pays ne semblent toujours pas entendre. Rappelons-nous l’intervention de Daniel BALAVOINE à la télévision française devant François MITTERRAND, à une époque où celui-ci n’était pas encore Président de la République. Il annonçait de manière prophétique que les jeunes des banlieues, désespérés, finiraient par se révolter s’il n’y avait pas une prise de conscience faite par notre société et surtout par ses pouvoirs publics. Eh bien voilàc’est fait ! Et ce n’est certainement pas terminé. La suite sera même plus grave encore si leur première révolte n’a d’autres effets que ceux connus jusqu’à présent, autrement dit, en guise de réponse : des insultes, de la répression et du mépris, le tout accompagné de jolis discours promettant d’attribuer à leurs quartiers défavorisés des sommes conséquentes de cet argent public dont pas 1 seul € n’a encore été versé, 5 mois après la fin des violentes échauffourées d’octobre dernier  !

Enfin, nous savons que dans ce pays il y a deux systèmes d’éducation. D’un côté l’école privée et de l’autre l’école publique. C’est une des plus grandes injustice qui soit. Plutôt que d’avoir un grand service publique avec une égalité de chance pour tous les jeunes, quelque soit leur milieu social, ou le niveau de vie de leur parents, nous avons d’un côté les nantis dont font partie toutes les familles de nos politiciens qui privilégient pour leurs enfants un système de qualité au nom de la ‘‘liberté de choix’’, alors qu’en fait c’est pour eux le moyen de satisfaire leur égoïsme et de conserver des privilèges dignes de l’ancien régime et de l’autre les pauvres, ceux qui n’ont pas la possibilité de choisir : ils prennent ce qui reste c’est à dire notre poussiéreuse Éducation Nationale.

La révolution française de 1789 est morte depuis bien longtemps. Mais en fait, nous avons, certes guillotiné une famille royale mais ce ne fut que pour en élire une autre, se comportant de manière fort identique. La noblesse de ce pays tient de nouveau le haut du pavé. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la liste des noms à particules de celles et ceux qui constituent bien souvent le gouvernement français. Il faut se rendre à l’évidence : les privilèges abolis durant la nuit du 4 août sont de nouveau présents sous d’autres formes, simplement.





Triste constat également pour les parents de ces jeunes en difficultés 

Ils ont connu la même situation à une époque où il était plus facile de trouver du travail. C’était aussi une autre génération : elle basait encore le degré de réussite de sa vie sur la quantité de sueur qu’elle versait au service du patronat. Aujourd’hui tout a changé et souvent le travail fourni ne permet pas au travailleur de nourrir et de loger sa famille, ni d’élever ses enfants dans de bonnes conditions. De surcroît, les parents ne peuvent évidemment pas enseigner à leurs enfants ce que eux-mêmes n’ont pas eu la chance d’apprendre. En plus, derrière ceux qui, aujourd’hui, s’expriment dans nos rues par la violence, il y a souvent des frères et des sœurs qui prendront le même chemin que leurs aînés, si les pouvoirs publics ne veillent pas à y mettre bon ordredès à présent.

Il est donc nécessaire de trouver à la fois des réponses pour les adolescents, mais aussi pour leurs parents, de sorte que dans l’avenir les générations suivantes puissent s’épanouir dans de bonnes conditions. Certains parents ont besoin d’un tuteur et méritent bien une seconde chance. C’est la société toute entière qui est responsable de la dégradation du tissu social qui la compose. C’est le revers de la médaille de cette société qui a été choisie pour eux par nos aïeuls. Il n’y a sans doute pas de société parfaite, mais il existe des solutions pour réduire les inégalités. C’est tout d’abord une question de volonté de la part de notre société, puis une question de moyens et de choix dans la répartition des dépenses de l’État. Un porte-avions coûte très cher à notre État, pareil achat est-il utile maintenanton peut en douter, et de plus, nous dépensons une fortune pour le promener à travers les océans, les sommes colossales ainsi dilapidées auraient pu être utilisées de façon plus constructive.

Les prisons françaises représentent une part importante du budget annuel de l’État, si nous faisions le nécessaire pour qu’il y ait moins de monde à y enfermer, le gouvernement pourrait, là aussi, procéder à une nouvelle répartition financière.


Ce que proposent les milieux politiques toutes tendances confondues 

Mais d’abord, quelles sont les personnes qui légifèrent dans ce pays ?

Dans la plupart des cas ce sont des gens qui avaient dix-huit ans en mai 1968. Ceux qui étaient derrière les barricades et faisaient face au C.R.S. Ceux qui voyaient « sous les pavés, la plage ». Ceux qui disaient « qu’il était interdit d’interdire ». Ils ont bien changé depuis cette période de notre histoire. Ils ne ressemblent plus du tout à ce qu’ils étaient et aux idées qu’ils portaient. C’est eux qui aujourd’hui votent des lois de plus en plus liberticides et tuent peu à peu toute forme de démocratie dans ce pays.

Lorsque nous écoutons les informations, nous constatons que les seules propositions pour améliorer la vie quotidienne des jeunes, sont essentiellement des invitations à se mettre au travail avec contrats précaires et salaires de misère, ou des invitations à participer à des stages ‘‘bidons’’, qui ne déboucheront sur rien.

Je rappelle que dans ce pays le fossé entre les nantis et les ‘‘français d’en bas’’ ne cesse de se creuser et de s’approfondir, et que l’exemple donné par les gens aisés n’est franchement pas une incitation au calme pour ceux de la rue. Nous sommes plus près d’une révolution que d’une révolte.




Quel avenir pour le travail ?

Rappelons l’étymologie du mot ‘‘travail’’ qui vient du latin ‘‘trepalium’’, instrument de torture. Nous vivons à une époque charnière où l’automatisation des fabrications et la robotisation des entreprises vont inciter les employeurs du monde entier à se débarrasser de leurs employés. Pourquoi employer des travailleurs alors que le fruit de leur travail peut être obtenu par l’emploi de machines dénuées de sentiments, d’émotions, incapables de ressentir de la fatigue ou de réclamer un salaire.

De plus, la nanotechnologie va très bientôt révolutionner le monde du travail. Nous n’aurons bientôt plus besoin des matières premières extraites des profondeurs de la terre. Des robots infiniment petits auto-entretenus et auto-reproductibles assembleront atomes et molécules formant ainsi – sans aucune création de déchet – les matières nécessaires à la fabrication de tout ce dont nous aurons besoin pour vivre. En l’espace de quelques instants, nous aurons devant nous : un pain, une paire de chaussures, un fruit ou un morceau de viande rouge qui n’aura jamais appartenu à une bête dont il aurait fallu ôter la vie pour se nourrir.

S’il existe des jeunes qui veulent faire leur chemin dans la vie en se choisissant un idéal professionnel, il ne faut pas les décourager. Le jour où nous serons passer de la société de travail dans laquelle nous sommes à la société de loisirs vers laquelle nous irons de toute façon, ceux qui auront choisi de travailler s’en lasseront très vite et entrerons dans cette nouvelle forme de société. Il faut se préparer à affronter l’avenir en modifiant les fondements de notre société actuelle. C’est alors d’un chambardement profond qu’il sera question ! Et je suis persuadé que peu de gens sur notre planète imagine aujourd’hui l’importance des conséquences que cela engendrera.

Que deviendront ceux à qui nous aurons rabâcher durant toute leur existence que le seul moyen pour réussir pleinement sa vie, c’est d’être ‘‘au top’’ sur le plan professionnel  ? Nous nous devons de préparer ces gens à apprendre à vivre et à être heureux sans avoir à compter uniquement sur le travail pour s’épanouir.




Trois catégories de jeunes dont il faut tenir compte 

La plupart des jeunes attendent des adultes qu’ils s’intéressent à eux et qu’ils soient à leur écoute. Les nombreuses tentatives de suicides ou les dégâts que ces jeunes causent autour d’eux ne sont en réalité que des appels aux secours.

Parmi eux certains ont des parents qui sont en mesure de leur venir en aide et qui le font très bien. Ceux là n’ont pas de difficultés pour évoluer dans la vie. D’autres, par contre, n’ont personne face à eux ; ils sont désemparés et finissent dans la rue. Parmi ceux-là, certains pourraient être du bon grain si nous nous donnions la peine de les retirer de l’ivraie. D’autres enfin sont des meneurs, fermés à toutes propositions et si notre société ne changent rien dans sa façon d’être à leur égard, ils finiront dans les prisons françaises.

Par conséquent et pour récapituler, il existe :
- Des jeunes bien intégrés dans la société ; ils sont encadrés par des parents qui
assument leurs responsabilités,
- Des jeunes qui sont à la rue, issues de milieux familiaux débordés par les événements,
- D’autres jeunes, également à la rue, mais qui sont des meneurs, allergiques à tout
dialogue et qui entraîneront ceux de la deuxième catégorie à les rejoindre dans leur
grand banditisme de carrière.


Une commission d’orientation pour les jeunes de
seize ans 

Je préconise que dans chaque départementet chaque année des jeunes qui auront seize ans dans le courant de l’année, passent devant une commission pour émettre leurs souhaits ou leurs inquiétudes éventuelles par rapport aux choix qu’ils envisagent concernant leur avenir. Ce sera aussi pour eux n’étant pas, cette fois, en présence de leurs parents l’occasion d’exprimer leur difficulté à travailler dans de bonnes conditions et la possibilité de demander, s’ils le souhaitent, à bénéficier de structures les éloignant d’une influence familiale négative.

La mise en place de cette commission n’est pas un problème insurmontable. On se souvient que, dans un passé pas si lointain, tous les jeunes de dix-huit ans passaient devant ‘‘le conseil de révision’’ avant de faire leur service militaire.

Cette commission comprendrait, entre autre, car cette liste n’est pas exhaustive :
- Le professeur principal de ces enfants
- Un ou une psychologue
- Un ou une assistant(e) de service social
- Un homme ou une femme médecin scolaire
- Un ou une représentant(e) de l’Université des sports (sujet développé un peu plus loin)
- Un ou une représentant(e) des Services de Police pour les cas extrêmes
- Un ou une représentant(e) de différents Services (Publics ou éventuellement Privés )
susceptibles de prendre en charge des jeunes dans le cadre, soit d’un
‘‘service civil’’, soit d’un ‘‘engagement’’, à savoir :
- L’armée,
- La gendarmerie,
- Les pompiers,
- Les eaux et forêts,
- Les services hospitaliers,
- Les services d’hébergement de la jeunesse,
- Les maisons des jeunes et/ou de la culture,
- Etc…

De nos jours, il n’y a pas assez de propositions d’embauches pour ceux qui ont un métier et une bonne expérience professionnelle. J’en veux pour seule preuve le fait qu’il y a plusieurs millions de chômeurs dans ce pays et un nombre inconnu d’exclus qui ne sont même pas considérés comme chômeurs. Or, plus s’écoulera le temps et, pour les raisons que j’ai expliqué plus haut, moins nous aurons de propositions d’emplois.

Le passage devant cette commission permettrait de faire le point avec ces jeunes afin de savoir :

S’ils souhaitent faire des études sérieuses et s’ils en ont les capacités,
S’ils veulent apprendre un bon métier,
S’ils n’aiment pas l’école et, dès lors, rechignent à poursuivre leurs études,
Si ce sont des ‘‘cas sociaux’’ et, si oui, évaluer le potentiel degré d’une éventuelle récupération pour eux, et avec eux.



Concernant les jeunes bien intégrés dans la société 

Ce passage ne serait qu’une simple formalité pour tous ceux qui suivent un cursus scolaire normal ; ceux qui ont une vocation et les moyens de s’y consacrer ; ceux dont les parents assument leurs responsabilités sans faillir. Ils sont pour l’instant les plus nombreux fort heureusement et cela permettrait à ladite commission de se consacrer pleinement aux autres, ceux qui ont le plus besoin de son existence et de ses conseils.

La nécessité ou non de passer devant cette commission serait décidée par le professeur principal de l’élève qui est membre de cette commission ; il devrait, normalement, être le mieux placé pour choisir, en cours d’année scolaire, ceux pour qui le passage devant cette commission s’avèrerait bénéfique.

Il serait bon aussi d’offrir, comme exercice d’autonomie et d’apprentissage de la responsabilité de soi-même, à un jeune non sélectionné, mais que cela intéresserait, la possibilité d’accéder à son éventuelle demande de passage devant cette commission.





Concernant les jeunes qui sont en échec scolaire 

Ceux qui ont vécus une prime jeunesse dans un milieu peu favorable à leur épanouissement, méritent une seconde chance, parce que, si leurs parents n’ont pas été en mesure d’assumer leur responsabilité, c’est la société qui devient responsable de leur avenir. Si l’objectif à court terme est de les aider à mieux gérer leur avenir, il est aussi à plus long terme de faire en sorte que, par la suite, leurs enfants ne se trouvent pas dans l’obligation d’être à charge de la société.

Mais il est important là aussi de séparer le bon grain de l’ivraie. Les services de police qui sont membres de cette commission devraient être les mieux placés pour participer à ce type de ‘‘reconnaissance’’. Effectivement, parmi ces jeunes, certains sont quelquefois des meneurs irrécupérables avec lesquels tout dialogue est impossible. D’autres, par contre, n’ont eu que la malchance de naître dans leur quartier, au milieu de familles pauvres et le fait pour eux de remplacer ces influences néfastes par d’autres, bénéfiques celles-là, peut contribuer pour une bonne part à leur transformation en ‘‘individus formidables’’, il ne faut jamais désespérer de la richesse des possibilités humaines !



Ce que proposerait la commission d’orientation 

1) A ceux qui ont un projet professionnel 

Des tests psychotechniques sont effectués par tous les adolescents et ce n’est pas nouveau. Leur analyse doit permettre d’informer cette commission afin de l’aider à prendre, au profit des jeunes qui se présentent à elle, les décisions les mieux adaptées.

Il est statistiquement obligatoire que, parmi ces adolescents, nous découvrions certains d’entre eux dotés d’une intelligence générale vraiment solide. De plus, la commission qui les recevra en découvrira sûrement d’autres qui, malgré le milieu familial défavorable dans lequel ils ont évolués, ont su bâtir un projet de vie professionnel intéressant.

Par contre il s’en trouvera d’autres encore qui, eux, ne disposeront pas des mêmes facilités mais qui auront envie d’apprendre un métier manuel les intéressant.

Il est important de donner une deuxième chance à ces deux catégories de jeunes, et de leur permettre d’intégreravec statut d’interne et/ou avec une bourse d’étudeun établissement scolaire qui leur donnera la possibilité de rattraper le retard accumulé, et de passer les diplômes relatifs à leur choix de carrière. Si leurs parents ne sont pas en mesure d’en assumer financièrement la responsabilité, ce sera à la collectivité de subvenir à leurs besoins.


2) A ceux qui ne veulent plus aller à l’école et n’ont pas de projet professionnel 

Pour ceux-là, une chose est sûr, s’ils sont dégoûtés du système scolaire traditionnel, alors ils ne voudront plus entendre parler de poursuivre des études. Mais cette situation peut n’être que provisoire. On voit fréquemment des jeunes ne pas aimer apprendre parce que ce qu’on leur enseigne ne les intéressent pasjusqu’au jour où un déclic se produit. Brusquement ils se découvrent une passion dans la vie et sachant que pour la réaliser il leur faudra passer par un cycle d’études, ils se mettent, cette fois, à travailler avec plaisir. Pour ceux-là plusieurs possibilités se présentent :

Ils aiment pratiquer un ou plusieurs sports.
Ils ont de réelles capacités artistiques par rapport à l’un des sept arts connus.
Ils ne sont attirés ni par les uns, ni par les autres.





L’Université des sports 

Dans le premier cas, ils intègrent l’Université des sports de leur département. Pendant une première année, où ils seront initiés à plusieurs sports, afin de déterminer en fonction de leurs goûts, de leurs dispositions ou de leur morphologie, quel est le sport dans lequel ils ont le plus de chance de réussir et d’atteindre, soit un niveau de sélection nationale soit un statut de sportif professionnel, voire la possibilité d’intégrer un club professionnel français ou étranger.

En même temps, ils bénéficieront de cours d’arbitrage et aussi d’un enseignement qui leur permettra de passer le diplôme d’entraîneur. Ces cours leurs seront donnés le matin avec un minimum de matières scolaires (n’oublions pas qu’ils ont horreur de l’école). Du français également leur sera enseigné, afin qu’ils soient en mesure de s’exprimer correctement devant des journalistes si le cas se présente. La connaissance de l’anglais pourrait aussi leur être nécessaire, si leur talent sportif les amenaient à se rendre à l’étranger pour exercer leur activité. On y ajouterait quelques matières facultatives afin qu’en aucun cas ils ne soient amenés à être exclus de cette Université à cause de mauvais résultats scolaires.

Toutes les après-midi seraient consacrées, soit à l’entraînement, soit aux compétitions sportives qui seraient organisées sur la base de ce qui se pratique au haut niveau.

Pour exemple, prenons le sport le plus populaire, à savoir : le football.

Les adolescents participeraient à un championnat national qui regrouperait les différents Universités départementales par pools de dix-huit clubs et, en fin d’années, les meilleurs clubs régionaux se rencontreraient pour savoir parmi eux quel est le club universitaire qui gagnerait le titre de champion de France. Ils participeraient également à une compétition du style ‘‘coupe de France’’ entre clubs universitaires des différents départements.

Avec un minimum de médiatisation et un soupçon de sponsoring, ces compétitions devraient avoir le public quelles mériteraient très certainement. De plus, si l’on y invitait des personnalités du monde sportif, ces jeunes auraient la possibilité de se faire remarquer et d’être, soit sélectionnés pour les plus hautes compétitions nationales ou internationales, soit d’être invités à signer des contrats en tant que ‘‘sportifs professionnels’’. Ce serait, à coup sûr, ‘‘un plus’’ fantastique pour le niveau général du sport français et cela pourrait avoir une influence bénéfique qui ne serait nullement négligeable pour les résultats de nos sportifs nationaux ayant toujours à se débattre au milieu de l’élite mondiale.

Les autres lauréats pourraient, soit devenir ‘‘arbitres professionnels’’, soit intégrer le staff technique d’un club sportif à un niveau qui varierait en fonction de leur propre niveau personnel, soit encore prendre la succession des formateurs de l’une des Universités départementales.

Enfin, pour ceux et celles qui considèreraient que se projet n’est pas réaliste à cause du manque d’encadrement, je signale que la fédération française de football compte actuellement plus de cent entraîneurs professionnels potentiellement performant, mais actuellement ‘‘au chômage’’.



b) L’Université des arts et loisirs 

Certains jeunes des banlieues ont des qualités artistiques qui ne demandent qu’à être développées. Pour s’en rendre compte il n’y a qu’à regarder les murs de nos villes sur lesquels ils s’expriment, car ce sont les seuls supports gratuits qu’ils trouvent à leur disposition.

L’Université des arts serait une approche libre aux arts de toutes natures, qu’ils soient anciens ou modernes ; là ces jeunes universitaires auraient la liberté de réaliser leurs propres découvertes, en fonction de leur intérêt pour différents sujets. On sait bien que ces jeunes n’aiment pas les contraintes de la scolarité traditionnelle, dès lors, à l’image des ‘‘écoles pour enfants surdoués’’, il leur serait proposé d’évoluer librement et, en fonction des concertations collectives qu’ils pourraient établir, ils seraient amenés à choisir eux-mêmes les directions dans lesquelles ils voudraient s’engager.

De la même manière que pour l’Université des sports, ces jeunes pourraient choisir quelques matières facultatives en rapport avec leur spécialisation. Ce serait une autre façon d’aborder l’enseignement artistique. Plutôt que de commencer par les submerger d’enseignement théorique, d’interrogations écrites et de contraintes de toutes sortes, offrons-leur, et la liberté d’investiguer les domaines qui les passionnent en fonction des projets qu’ils souhaitent mettre en place, et la possibilité de développer ainsi leur propre esprit d’initiative en même temps que tout l’art de leur créativité.

Je suis persuadé que nous serions très surpris des résultats obtenus en leur faisant confiance, et j’ajouterai, de manière un peu plus anecdotique, que la qualité de l’environnement qui est le leur en ce moment s’en trouverait certainement fort améliorée par la disparition des graffiti qui saturent nos paysages  !

D’autre part, cette Université pourrait, en complément, offrir une formation de ‘‘moniteurs pour la jeunesse’’ (pour colonies de vacances ou foyers de jeunes) comme aussi d’‘‘animateurs’’ (pour clubs de vacances). Associer ce type de formation à une formation artistique me semble tout à la fois facile et utile, parce que l’enseignement que ces étudiants y recevraient pourrait être utilisé par eux dans le cadre de leur vie professionnelle et/ou pourrait également leur permettre de s’insérer dans l’encadrement de l’une ou l’autre des Universités d’arts et loisirs.


Le service civil 

Le service public est en crise, et le manque criant de personnel qualifié fait qu’il fonctionne de plus en plus mal. C’est vrai pour les services municipaux, les pompiers, les eaux et forêts, les hôpitaux, les services de la jeunesse, la police, les douanes, etc.

Elle est bien peu exhaustive cette courte liste des services où les jeunes pourraient, en fonction de leur choix, découvrir des métiers que, très souvent, leur grande utilité ennoblit, et ce, tout simplement en assistant ces professionnels que, de cette façon, ils soulageraient de nombreuses tâches fastidieuses, ce qui constitueraient pour ces jeunes autant d’actes d’initiations progressives et pour les professionnels en poste autant d’heures récupérées pour se consacrer plus pleinement à leur métier.

De plus ceux qui ne sont pas spécialement fixés sur la direction qu’ils auraient à prendre plus tard pourraient, pendant les trois premières années en vue d’éclairer de ‘‘travaux pratiques’’ les objets de leur futur choix effectuer trois périodes, d’un an chacune, dans trois spécialités différentes.

Après ces trois années, soit vers l’âge de dix-neuf ans, ils pourraient intégrer une formation avec certification de leur qualification dans la voix qu’ils auraient choisie.



L’engagement dans l’armée 

Le Mouvement Raëlien International dont je suis l’un des membres estime que les corps d’armée du monde constituent, d’abord, une dangereuse incitation permanente à faire la guerre et aussi un énorme et inutile ‘‘gouffre financier’’, c’est pourquoi il suggère préférable qu’avant que l’on parvienne à les faire disparaître complètement ils soient remplacés, et ce le plus rapidement possible, par des corps de ‘‘gardiens de la paix’’. Néanmoins, pour l’instant ces corps d’armée sont là, tels qu’ils sont, et ils peuvent intéresser certains jeunes des banlieues.

Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, il n’est pratiquement plus possible de prendre des risques en vivant des aventures identiques à celles qu‘ont vécu les grands explorateurs du début du siècle dernier. La planète ne présente plus le moindre espace secret pour nous et la découverte spatiale, bien qu’étant à son balbutiement, n’est pas à la portée de ‘‘Monsieur tout le monde’’. Pourtant il existe des jeunes qui, pour se sentir heureux, ont besoin de risquer leur vie, tels les pilotes de courses automobiles, par exemple. Les armées actuellestant qu’elles existent, peuvent procurer à ce type de jeunes le moyen d’exprimer cette envie d’aventure et de prise de risques, etqui sait, peut-être auront-ils la possibilité et leur viendra-t-il l’envie d’y faire carrière ; en tout cas, il y a là, à court terme, des places à prendre, il est bon qu’ils le sachent.




3) Le cas particulier des irréductibles meneurs 

Lorsqu’un arbuste pousse de travers, il n’existe que deux méthodes de réaction face à cette situation :
Laisser faire la nature et accepter d’aller à la catastrophe,
Casser la branche fautive et lui adjoindre un tuteur.

Actuellement c’est plutôt la première méthode qui semble prendre le dessus : Résultat, en se révoltant ces individus, non seulement gâchent la vie de nombreux citoyens de nos cités, mais en plus ils finissent par coûter très cher à la société à cause de toutes les conséquences que cela entraîne. Or des ‘‘établissements spécialisés’’ n’existent plus pour recevoir ces adolescents et quand bien même ils existeraient, on se devrait de les assimiler à des écoles du grand banditismenon, là n’est pas la solution !

Faire la distinction entre des jeunes en révoltepeut-être momentanée et ceux qui ont une trop grande agressivité qu’il faudra obligatoirement canaliser, faire la différence entre ceux qui ont, par nature, un fond mauvais, et ceux qui ont eu – simplementsi l’on ose dire ! – la malchance de naître au plein milieu de mauvaises fréquentations, c’est le métier et le rôle des psychologues et c’est en particulier pour cela qu’ils sont membres de la commission d’orientation.

C’est à ces professionnels de la psychologie de décider s’ils pourront intégrer une Université du sport et s’il convient qu’ils pratiquent un ou des sport(s) violent(s), soit collectif, soit individuel à l’instar du rugby ou du judo, du tennis ou de l’escrime, de la lutte gréco-romaine ou de la boxe, etc. Ces pratiques pouvant permettre à certains de se réaliser sur le plan sportif tout en évacuant le trop-plein d’agressivité qui est en eux.

C’est à eux également, dans le cas contraire, d’exiger qu’ils soient placés sous la coupe et au bon soin d’un encadrement militaire très stricte, comme peut l’être celui de la légion étrangère ou celui des commandos de parachutistes. Ils y passeront un certain nombre d’années, en y apprenant des règles de vie qu’ils accepteront ou non, selon les uns ou les autres. Mais pour ceux qui ne les accepteront pas ce sera la preuve qu’ils sont irrécupérables, mais au moins la société aura-t-elle fait le maximum pour les aider, ce qu’elle est loin de faire aujourd’huiil faut avoir la lucidité et le courage de le reconnaître  ! !



Conclusion 

Que sera l’avenir de ce pays si les adultes d’aujourd’hui ne font pas le nécessaire pour que la jeunesse s’épanouisse mieux qu’actuellement. Ils sont de plus en plus nombreux à vivre des situations pires que ‘‘délicates’’. Quand ils seront adultes en pleine force de l’âge, quel sera leur comportement ? Je crains le pire parce que depuis cinquante six ans que je suis sur cette terre, je vois les relations entre jeunes et adultes se dégrader de façon incroyable, et ce que certains jeunes se permettent va de pair avec le désespoir qui est le leur ; il est facile en les regardant de mesurer la profondeur de ce désespoir.

Certains trouvent peut-être qu’il est important de posséder une force de dissuasion moderne avec de superbes bombes atomiques, des avions à réaction dernier modèle et de magnifiques bateaux de guerre, alors que tout ces arsenaux coûtent des fortunes payées par les français, avec leur impôts. Pourquoi les français accepte-t-ils tout cela ? pour une seule raison : parce qu’ils ont peur des armées étrangères ! Ces gens sont certainement très fiers de montrer combien nos armées sont belles et puissantes mais peuvent-ils nous dire, en cette année 2006, de qui craignent-ils l’invasion ?
En réalité, tous ces gens (mes chers concitoyens !) me font penser à cette grenouille de la fable qui veut devenir plus grosse que le bœuf pour sa sécurité personnelle.

Personnellement je préfère le comportement des gouvernements des pays nordiques où la priorité reste ‘‘le bien-être’’ des citoyens que leurs gouvernants représentent vraiment et gouvernentsagement. On y trouve point d’armes nucléaires puissantes mais des citoyens heureux et un pays où chacun a la chance de pouvoir s’épanouir librement. C’est de moins en moins le cas dans notre pays nommé ‘‘France’’… et c’est bien dommage ! ! !


Jean REGOLLE
Membre du Mouvement Raëlien Internationnal

(Avec la collaboration de Francis LESAGE)

Par Petrus ERIAMEL
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